samedi 3 août 2013

Changement de numéro chilien

Pour ceux qui avaient déjà noté mon numéro chilien, j'ai changé de nouveau!
+56961297301

Je garde l'ancien pour voyager (le téléphone dans lequel est la puce craint moins), donc ne l'effacez pas.

Plein de bisous, et connectez-vous bientôt si vous voulez savoir pourquoi "Vers Manuel Montt et au-delà!"

vendredi 2 août 2013

Du vocabulaire chilien, pour vous futurs touristes!



Photos de l'appartement








La rentrée! (ça se passe d'un autre titre)

Bonjour tout le monde!

Petit récit tardif de ma rentrée, qui a eu lieu hier.

Je me suis tout d'abord perdue en allant au campus Casa central, qui se situe à 10min à pieds de chez moi, alors que j'avais pourtant fait le trajet trois fois. Mais j'ai un réel problème d'orientation ouest/est depuis mon appartement. Les temps de l'exploration ne sont pas loin, il me faudrait une boussole! 

Mon premier cours s'intitulait Derecho y religión, et je viens de me rendre compte que je ne pourrais de toute façon pas le prendre car je vais aller au cours de Introducción a los derechos humanos à la même heure. C'était pourtant un cours intéressant, où nous devions apprendre comment l'État encadre la pratique religieuse, et les problématiques que cela pose. Le plus instructif ne fut pas la prof, mais les élèves: une majorité écrasante de garçons, mais surtout le style vestimentaire de ceux-ci. Les costumes-cravates sont monnaies courante dans la fac de droit, ainsi que les jupes pour les filles. Une d'entre elle nous a détaillé sur un ton dédaigneux les événements de la manifestation pro-avortement. Chose due, chose faite, j'écrase mes relents de principes et écoute sagement le débat qui s'ensuit, mieux vaut ne pas se faire remarquer tout de suite. 

J'ai retrouvé Nadine pour aller déjeuner près de chez moi, dans un restaurant de pitas! Ravies toutes les deux, nous avons même goûté leurs pâtisseries orientales, qui se sont révélées savoureuses. 

Retour à l'université, cette fois dans la fac de communication, pour le cours Seminario de documental. On se présente en choisissant cinq documentaires qui nous ont plu, d'où les autres doivent essayer de tirer un trait qui nous caractérise. Il paraît donc que je cherche une critique philosophique du monde. Voici ma sélection, vous me direz ce que vous en pensez:
- First position, Bess Kargman
- Fahrenheit 9/11, Michael Moore
- Bowling for Columbine, Michael Moore
- Presunto culpable, Roberto Hernández, Geoffrey Smith
- Pina
- Valse avec Bachir
Finalement, je ne trouve ce commentaire assez vrai. Ce blog en serait peut-être même l'illustration.

Le cours, qui va demander beaucoup de travail, s'est déroulé dans une bien meilleure ambiance que le premier. Les élèves participent, s'interrogent les uns les autres, notent des idées dans des petits carnets semblables au mien. Nous sommes presque la moitié d'étrangers, et la prof nous pousse à participer. Le travail va devoir se faire en groupe, ce qui, bien que difficile parfois, va nous obliger à aller vers les chiliens, et ne pourra qu'être bénéfique.

J'ai enchaîne les cours avec le rugby, après encore une fois ce long trajet, mais qui m'a semblé plus rapide cette fois ci. Je suis arrivée à temps pour l'école de rugby, où je ne vous avais pas dit que je faisais un test. J'ai entraîné, accompagnée d'un entraîneur âgé mais sympathique, les jeunes de moins de huit ans. Très indisciplinés, peu coordonnés, ils restent passionnant à observer. Un lacet jaune fluo défait, un Lucas qui fait des galipettes au lieu d'écouter les consignes, un Thomas qui s'enquiert de comment on parle français, et surtout, surtout: est-ce bien à Paris qu'il y a la Tour Eiffel? Je leur fais faire quelques jeux, et je me rends compte de mes faiblesses en espagnol. Heureusement, les enfants connaissent, comprennent, et on arrive à jouer au béret, au crocodile, à des jeux plus rugbystiques aussi. Je suis donc embauchée comme entraîneur des 6-8 ans de l'école de rugby de la UC, deux fois par semaine, juste avant mes entraînements!

Après notre session, nous avons cuisiné dans le club-house une paella, que les filles du rugby avaient prévue pour se faire un peu d'argent afin de rentrer en compétition nationale. Un excellent moment, dans une ambiance festive de fin de journée. Le métro fermant à 23h, une coéquipière m'a ramenée en voiture, tout droit sur la Alameda, une grande avenue qui coupe tout Santiago. 

Difficile de trouver le sommeil après tant d’événements. Vous me manquez toujours autant, et j'ai du mal à croire que ça ne fait que 10 jours que je suis là. 

Comment faire du stop au Chili?

Quelques nouvelles en vrac de la journée de mercredi (31 juillet).


  • Il y a beaucoup de femmes dans la police. Tous sont vêtus de vert kaki, la tête dépassant de façon comique de leur gilet pare-balles enfilé par-dessus leurs manteaux. Stationnés à de nombreux coins de rues, ils veillent en silence sur les passants. Les femmes semblent avoir été recrutées sur le physique: elles sont surtout extrêmement maquillées. Le contraste entre la féminité de leur visage et leur tenue est remarquable. 
  • Grève de la faim devant le Ministère de la Santé. Ce sont les femmes des employés qui ont été injustement démis de leurs fonctions qui les représentent sur les marches du Ministère. J'espère, ironiquement, que c'est parce que leurs maris sont alités en conséquence de leur grève et non pas pour qu'il puisse aller boire une bière pendant qu'elles continuent la lutte. 
  • Certains immeubles résidentiels sont de véritables bulles. Dès qu'on passe la grille, et la lourde porte vitrée, le silence est total. Du vacarme des moteurs des rues de Santiago, à une petite mélodie douce et accueillante, il n'y a qu'un pas. Il faut s'adresser au gardien, donner son nom, afin qu'il demande l'autorisation de nous laisser monter au propriétaire de l'appartement. Comme à Paris avec les codes, impossible de faire une surprise: il faut croire qu'on ne surprend jamais la merveilleuse routine des businessmen. Les appartements ne sont pas forcément plus grands, mais ils sont neufs, chauffés (comble de la richesse), lumineux. Depuis les balcons, on ne peut que laisser son imagination voler hors du smog de Santiago. Malgré tout, en descendant d'un de ces appartements, nous sommes tombés nez à nez avec une famille en pleurs, une ambulance et des policiers. Les bulles sont faites pour exploser. 
  • Les amoureux des parcs. Les jeunes résident longtemps chez leurs parents, dont ils sont d'ailleurs assez proches en général. Entre l'enfant-roi italien et les adultes responsables et presque indépendants, le statut des jeunes chiliens est difficile à cerner. Cela dit, le constat global est que très peu ont les moyens de vivre seuls dans la capitale. De ce fait, les couples se retrouvent dans les endroits publics, et ont du mal à s'y détacher. J'ai vu dans le métro un couple dont les lèvres ont failli être pincées par la porte tant leur baiser entre quai et wagon a duré longtemps. Même en hiver, ils se retrouvent sur les bancs, où personne d'autre ne semble vouloir s'asseoir. Enlacés, affalés l'un sur l'autre, ils s'embrassent ou se murmurent des paroles secrètes. Certains vont même jusqu'à s'allonger dans l'herbe au soleil, et on ne voit plus qu'un corps très large au lieu de deux. Pour un pays réputé conservateur, c'est surprenant au premier regard, puis finalement presque attendrissant.
  • J'ai indiqué son chemin à un chilien. Moment de gloire personnelle, légèrement atténuée puisqu'il m'a demandé où se situait le métro Bellas Artes, c'est-à-dire mon arrêt. Tout de même; je me suis sentie exceptionnelle.
  • La cathédrale. Elle vient de rouvrir, après avoir été fermée jeudi dernier. Des manifestants pro-avortement ont interrompu la messe et taggué la façade extérieure, allant à l'encontre de droits fondamentaux, et des normes de protection des lieux de culte. Mauvais mouvement, je pense, dans une société, qui si elle perd son influence catholique, reste extrêmement conservatrice. La cathédrale en elle-même est assez jolie. Parfaitement entretenue, elle en apprend beaucoup sur la société chilienne: des pancartes insistent "Je ne crois pas en Dieu que qu'en j'ai une demande". Pourtant, ce sont les autels dédiés aux saints qui guérissent ou apportent quelque bonheur qui sont les plus recouverts de demandes, fleurs et offrandes. Á travers une grille, l'on peut apercevoir une cour ensoleillée où pousse de magnifiques orangers. C'est une partie hors de la cathédrale, réservée aux prêtres j'imagine.
  • Les policiers sont aussi à cheval dans le parque forestal. Je me demande bien comment ils rejoignent ensuite le centre hippique, qui se trouve beaucoup plus au sud de Santiago. Je crois n'avoir jamais vu de chevaux aussi grands, ou ce sont leurs cavaliers qui étaient disproportionnellement petits.
  • La montée au Cerro San Cristobal. Avec trois SciencesPotes, nous sommes remontés au Cerro San Cristobal (colline), mais jusqu'en haut cette fois-ci. Nous avons choisis le chemin de randonnée le plus incliné, ce qui a fait travailler nos jambes et a abîmé nos baskets. Le sommet offre une vue, à la tombée de la nuit, époustouflante. Les lumières de la ville s'étendent plus loin que les yeux portent. On rencontre au sommet des chiliens et des étrangers, et au pied d'une immense vierge illuminée, on discute doucement du parcours de chacun. La descente est plus pénible, à cause de la nuit il faut suivre une route bétonnée qui est la seule plus ou moins éclairée. Les chiens errants attaquent les cyclistes qui n'ont de cesse de monter et redescendre à toute vitesse. On marche en ne parlant pas trop fort, jusqu'au moment où on rejoint enfin le plein centre de Santiago, grouillant de monde à l'heure de pointe. D'où la question du stop, puisque de nombreux touristes descendent en voiture du sommet, mais personne ne s'arrête: security reasons, of course. Il y a aussi un funiculaire, mais le trajet coute 1500 pesos (un peu plus de deux euros), comprenez, on devient vite radin en tant qu'étranger au Chili.
  • Soirée entre colocs à regarder "Up" ("Là-haut" en français), un disney-pixar dont je devais faire partie du faible pourcentage de personnes sur terre à ne pas l'avoir vu. Je le recommande vivement! http://www.youtube.com/watch?v=p-TdCD6DBfM